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DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES

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Xi Kl LAMEI^ECUNEjJu'AGillCLLTUf.E, LE C031MERCL KT LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DE^ IlUS CÉLÈBRES NATURAUSTES.

PAR

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi et des principales Écoles de Paris.

T03ÏE SOIXANTIÈME,

ZOOPH-ZYT.

"F. G. Levraxjlt, Éditeur, à STRASBOURG, et rue de la Harpe, ,N.° 81, à PARIS. Le Normant, rue de Seine, N.** 8, à PARIS. i83o.

LIBRARY OF

ie85-IQ56

îpictiomtair^ îr^0 Sdcnce^ naturilUe.

AVIS A MM. T,ES SOUSCRIPTEURS.

Le 60' volume de texte et les 60* et 61* cahiers de planches forment la dernière livraison du Dictionnaire des sciences naturelles. Le corps de l'ouvrage est complet.

Il ne reste à livrer que les tables nécessaires pour la clas- sification me'thodique de V atlas , plus deux planches com- plémentaires. Ces tables sont sous presse j l'éditeur les four- nira gratuitement , ainsi que les deux planches , à la fin du mois de juillet prochain^ MM. les souscripteurs qui ne les auraient point reçues, pourront les réclamer à l'éditeur en représentant cet avis.

L'éditeur croit pouvoir affirmer que le Dictionnaire est de tous les ouvrages de ce genre le plus complet^ il suffira de quelques volumes de supplément pour le mettre au cou- rant de la science ; et , sur le désir exprimé par la plupart des souscripteurs, l'on s'occupe, dès ce moment même, de la réunion des matières nécessaires à ce nouveau travail.

La Biographie des plus célèbres naturalistes , annoncée sur le titre du Dictionnaire, formera un ouvrage distinct en 4 volumes in-8°, qui paraîtront de quatre en quatre mois, à partir du 1" août prochain , et seront présentés à MM. les souscripteurs. Quoique imprimés en petits caractères sur deux colonnes, ces volumes resteront au prix de 6 francs pour ceux des souscripteurs qui les recevront dans le courant de la présente année i83o; passé ce délai , le prix de l'ou- vrage complet sera de Si francs.

Paris, le 20 juin iS5o.

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SCIENCES NATURELLES.

TOME LX.

ZOOPH=ZYT.

Le nombre cP exemplaires prescrit par la loi a été déposé. Tous les exemplaires sont re\^êtus de la signature de rédiieur.

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SCIENCES NATURELLES

DANS LEQUEL

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFÉREN3 ÊTRES DE LA NATURE, CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'eN PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS.

ISUm D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Ouvrage deslîné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages.

PAR

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.

TOME SOIXANTIÈME,

F. G. LevrAult, Editeur, à STRASBOURG,

et rue de la Harpe, N." 81, à PARIS.

Le NoRMAîfT, rue de Seine, N.'' 8, à PARIS.

l83o.

Liste des Auteurs par ordre de Matières.

Physique générale.

M. LACROIX, me

l'Acadëmie des au Coll<fge Je

France. ( L. )

Chir

M. CHEVREUL, Membre do l'Académie des sciences, professeur au Collège royal de Cbailemagne. (Cb.)

Minéralogie et Géologie.

M. Alex»nd. BRONGMART, membre de rAcadcmic royale des Sciences, professeur de Minéralogie au Jardin du Roi. ( B. )

M. BROCHANT DE VILLIERS, membre de l'Académie de» Sciences. ( B. de V.)

M. DEFRANCE, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( D. F.)

Botaniijue.

M. DESFONTAINES, membie de l'Académie des Sciences. (Uesf. )

M, DE JUSSIEU, membre de PAc.-idé des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J )

M. MIRBEL, membre de l'Académie des Sciences, professeur à la Faculté des Sciences. (B. M.)

M. HENRI CASSINI , associé libre de l'Aca- démiedes Sciences, membre étranger de la Société Llnnéenne de Londres. (II. Cass. )

M. LEMAN, membre de la Société pbilo- matique de Paris. (Lem. )

M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS

Docteuren médecine, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( L. D. )

M. MASSEY. (Mass.)

M. POIRET, membre de plusieurs Sociétrs savantes et littéraires, continuateur d l'Encyclopédie botanique. (Poir.)

M. DE TUSSAC, membre de plusieui Sociétés savantes, auteur de la Flore des Antilles. (De T.)

Zoologie générale, Analomie et Phjsiologie. M. G. CUVIEU, membre et secrétaire per- pétuel de r.\cadémie des Sciences, prof.au Jardin du Roi , etc. (G. C. ou CV. ou C.) M. FLOURENS. (F.)

Mammifères- M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, membre de l'Académie des Sciences , prof, au Jardin du Roi. ( G. )

Oiseaux.

M. DUMONT DE S.r« CROIX, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( Cb. D.)

Reptiles et Poissons.

M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie

des Sciences , prof, au Jardin du Roi. (L.L.)

M. DU.VIÉRIL, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin du Roi et à l'École de médecine. ( C. D.)

M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C.)

Insectes. M. ULMÉRIL, membre de l'Académie des

Sciences , professeur au Jardin du Roi et à

l'École de médecine (CD.)

Crustacés. M. W. E. LEACH , membre de la Société roy. de Londres, Correspond, du Muséum d'his- toire naturelle de France ( W. E. L.)

M. A. G. DESMAREST, membre lilnlalre de l'Académie royale de médecine, profes- seur a l'école royale vétérinaire d'Alfort, membre correspondant de l'Académie des sciences , etc.

Mollusques, p'ers et Zoophjtes.

M. DE BLAINVILLE, membre de l'Académie des Sciences , professeur ii la Faculté des Sciences. (DeB.)

M. TURPIN, naturaliste, est chargé de l'e.vécution des dessins et de la direction de la gravure. MM. DE HUMBOLDT et R.AMOND donneront ((uelques articles sur les objets

nouveaux qu i

Is ont observé»

leurs voyages, ou sur les sujets dont ils se sont plus particulièrement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse.

M. PRÉVÔT a donné l'article Océan; M. VALEiNCIENNES plusieurs articles d'Orni- tbologie; M. DESPORTES l'article Pigeon domeUirjtie , et M. LESSON l'article P/ucier,

M, F. CUVIER, membre de l'Académie des sciences, est chargé de la direction géné- rale de l'ouvrage, et il coopérera aux articles généraui de zoologie et à l'histoire des mammifères. (F. C. )

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DES

SCIENCES NATURELLES.

zoo

^OOPHYTES, Zoopliyta. Sous cette dénomination complexe, qui signifie des animaux-plantes, ou qui ont quelque chose des végétaux , nous comprenons réellement les animaux qui , n'ayant plus pour caractère d'être bilatéraux, ne sont pas sus- ceptibles d'être partagés en deux côtés similaires , situés à droite et à gauche du plan sécant , qui passeroit dans la longueur du corps, et dont toutes les parties peuvent être rapportées à ce plan; mais chez lesquels, au contraire, elles sont disposées d'une manière plus ou moins régulière autour d'un point pris comme centre, ou de l'axe du corps: ce qui les a fait comparer quelquefois à des fleurs, dont toutes les parties ont aussi cette disposition. C'est de que Pallas a tiré la dénomination de centrina, qu'il a donnée à une divi- sion de ces animaux, et qui a été traduite depuis par celles de radiaires, d'animaux rayonnes et d'actinozoaires.

Comme nous voici enfin arrivés à la erminaison du Dic- tionnaire, nous allons faire pour ce grand groupe d'ani- maux ce que nous avons déjà fait pour les malacozoaires et pour les entomozoaires, chétopodes et apodes, c'est-à-dire que nous allons en traiter d'une manière générale, en envi- sageant successivement l'histoire de la partie de la science qui s'occupe de ces animaux, leur organisation, leur histoire naturelle, et enfin leur distribution systématique, jusqu'à rénumération des espèces inclusivement. Il en résultera un lien qui servira à coordonner tous les articles du Dictionnaire qui ont trait aux zoophytes, en même temps qu'il nous sera 60. 1

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possible de placer convenablement ceux qui auroient été ou- bliés, ou qui, ayant été publiés depuis que la lettre alpliabé- tique qui les concerne a paru , n'ont pu être traités à leur place, et même de réparer quelques erreurs.

Quoique nous soyons assez éloigné de considérer comme appartenant à ce type tous les animaux que les zoologistes les plus réceus et nous-même y avons rangés, nous allons momentanément les envisager comme tels, nous proposant d'en faire la distinction dans l'exposition du système général.

VHiatoire de la zoophjlologie ou de la partie de la zoo- logie qui traite des animaux zoophytes, peut être, comme toutes les autres parties de la science, part:igée en différentes époques, caractérisées par les ouvrages systématiques, à me- sure qu'ils ont été exécutés sur un plan nouveau; plan qu'ont adopté un certain nombre d'auteurs copistes, abbréviateurs, traducteurs, et qui ont eu pour base des travaux plus ou moins spéciaux, plus ou moins étendus, ayant rapport à l'orga- nisation , à la physiologie , à l'histoire naturelle on à la distribu- tion systématique des espèces. C'est, en elFet, l'ordre que nous adoptons; c'est-à-dire, que nous intercalerons les travaux spéciaux dans l'exposition des travaux d'ensemble , qui ont eu pour but la grande division des zoophytes, que nous consi- dérerons un moment comme naturelle, sauf à démontrer plus tard le contraire.

Ce dernier type du règne animal, que l'on ne trouve dé- signé sous un nom collectif que par les zoologistes anciens ou par les plus modernes, Linné et son école les ayant re- portés , d'une manière presque arbitraire, dans sa grande classe des Vers, étoit beaucoup trop difficile à se procurer, et surtout à conserver, et même à observer par les moyens ordiaaires.de nos sens, pour que les naturalistes de l'anti- quilé aient pu s'en occuper d'une manière un peu étendue.

Ainsi Aristote , qui paroit cependant avoir connu des espèces des classes principales qui le constituent , n'a jamais employé le mot de zoophytes comme nom collectif ou au- trement, quoiqu'à l'occasion des éponges il ait dit qu'elles tiennent davantage des plantes que des animaux, et qu'on peut douter si ce sont des animaux ou des végétaux; mais le mot complexe de zoophytes ne se trouve pas dans ses

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ouvrages; aussi c'est à tort que quelques auteurs le lui at- tribuent.

Je ne vois pas qu'il ait connu les animaux que nous dési- gnons aujourd'hui sous le nom d''Hulothuries. Il emploie bien cette dénomination, dont l'étymologie paroit inconnue; mais il l'applique à des êtres qui n'ont pas la faculté de se mou- voir, quoiqu'ils ne soient pas attachés; ce qui fait présumer qu'il indique par ce mot les actinies, que nous allons voir cependant désignées par lui sous les noms à'acatephos , de hnide ou ortie, et qu'il range également, en effet, parmi les animaux qui tiennent à la fois de l'animal et de la plante.

Aristote a, au contraire, parfaitement connu les oursins et les astéries , qu'il désigne , les premiers , sous le nom de hérissons de mer; les secondes, sous celui d'étoiles de mer; mais il en a fait des animaux de sa division des testacés : rapproche- ment que nous verrons avoir été admis jusqu'à la fin du dernier siècle. Du reste, il en distingue très-bien plusieurs es- pèces: lesspatangues, lesbrysses, les échinomètres, qui sont les plus grandes, les hérissons de mer proprement dits, et enfin une plus petite espèce; mais je ne vois pas que sa distinction soit établie sur des caractères suflisans pour qu'il soit possible de reconnoître aujourd'hui , d'une manière un peu certaine, les animaux dont il a voulu parler.

Pour les étoiles de mer , qu'il énumère dans un passage parmi les êtres équivoques entre l'animal et !a plante, tandis que dans un autre il les range parmi les testacés, le peu qu'il en dit est très-incomplet et assez difficile à entendre.

Les méduses paroissent aussi avoir été connues d'Aristote ; mais il les confond avec les actinies proprement dites, sous la dénomination commune d'orties de mer, Acalèpheet Knide, qui signifie ortie. Ce sont encore des êtres dont la nature est équivoque entre la plante et l'animal. En effet, dit-il, il est de l'animal de se mouvoir , de se diriger vers sa nourriture et de sentir ce qu'il rencontre, ainsi que de faire servir à sa défense les parties fermes et dures de son corps; mais avoir une organisation très -simple, s'attacher facilement aux ro- chers, et avoir une bouche sans orifice apparent qui serve d'issue aux excrémens, cela tient davantage de la plante. En d'autres endroits de ses ouvrages, Aristote donue quelques

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détails d'organisation et de mœurs sur ses acalèphes. Entre autres choses, il dit qu'il y en a qui restent fixés sur les rochers et autres corps submergés, et d'autres qui s'en déta- chent; observation qui a porté un assez grand nombre d'au- teurs à penser qu'il étoit question d'actinies et de méduses, mais cela n'est pas hors de doute.

De tout le reste des animaux qui constituent les zoophytes des zoologistes modernes, je ne vois pas qu'Aristote en ait connu d'autres que les éponges, sur lesquelles il donne des détails assez étendus.

Quant aux animaux qu'il appelle polypes, il est bien connu que ce ne sont pas ceux que nous nommons ainsi aujourd'hui; mais bien nos poulpes, sur lesquels Aristote a laissé de bonnes observations.

Il n'est pas certain que son Pneumon, que l'on a traduit par poumon marin, soit une méduse, comme quelques auteurs l'assurent, et non pas un testacé.

Pour ses téthyes, il est évident que ce sont nos ascidies.

Pline, comme on le pense bien, n'a pas beaucoup ajouté à ce qu'Aristote avoit dit de nos zoophytes. 11 s'est borné à traduire les noms grecs d'oursins, d'étoiles de mer, d'orties, d'épongés, par ceux d'ec/uni, de stellœ marines, à''urticœ ma- rinœ et de spongiœ, sans rien ajouter au peu qu'avoit dit Aris- tote. Il n'a pas plus que lui employé le terme de zoophytes, quoiqu'il ait très-bien dit que ces êtres ne sont ni des plantes, ni des animaux; mais quelque chose d'intermédiaire.

Elien ne s'est pas servi davantage de cette dénomination de zoophytes ou d'animaux-plantes, et si l'on trouve en difTérens endroits de son recueil les noms de hérissons, d'étoiles, de poumonsde mer; ce n'est qu'à l'occasion de quelques particula- rités tout-à-fait insigniiianleset même complètement erronées.

Je ne vois pas qu'Oppien , dans son poème sur la pêche , ait rien dit de plus que les auteurs qui Tavoient précédé.

Sextus Empiricus pourroit bien être l'auteur qui, le pre- mier, ait réellement employé l'expression de zoophytes; mais il ne paroit pas que ce soit pour indiquer les êtres qu'Aristote regardoit comme intermédiaires aux animaux et aux végétaux , puisqu'il dit que ce sont des êtres qui se trouvent dans les chemins et qui se produisent par le feu.

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Isidore de Séville et, beaucoup plus tard, Albert-le-Grand ont fait usage de cette expression pour les véritables zoo- phyfes; mais ils n'ont rien ajouté à ce que les anciens nous ont laissé sur l'histoire naturelle de ces animaux.

Les premiers traducteurs d'Aristote , Budée et Théodore Gaza, durent aussi l'employer, et, depuis, elle a été générale- ment adoptée.

"VVotton, dans l'ouvrage fort remarquable qu'il a publié sur les animaux, emploie aussi le même mot pour les mêmes êtres. En effet, ses zoophytes comprennent les téthyes, les holothuries, les étoiles, les poumons marins, les orties de mer et les éponges.

Je trouve également, dans cet auteur, l'emploi de l'expres- sion purgamenta maris pour une division d'êtres dont on ne connoissoit pas les rapports.

Depuis lors , tous les naturalistes de la renaissance des lettres employèrent la dénomination classique de zoophytes ; mais il y eut toujours quelque incertitude sur l'application qu'ils firent des noms laissés par les anciens aux objets qu'ils avoient sous les yeux. En outre ils rangèrent parmi les zoophytes des animaux de classes toutes différentes, qu'ils désignèrent par des noms tirés d'une ressemblance grossière avec des êtres terrestres. Ainsi Belon y plaça les anatifes ou pouce-pieds avec les éponges, les holothuries et les téthyes, qu'il paroît avoir fort mal connues et confondues, quoique sa téthye fût évidem- ment une ascidie.

Il rangea, au contraire, les orties de mer, dénomination qu'il réserva pour les actinies, parmi les mollusques, de même qu'il traita des oursins et des étoiles de mer parmi les testacés ou ostracodermes, toutefois en les spécifiant d'une manière assez complète.

Ses dejectamenta maris sont encore beaucoup plus hété- roclites, puisqu'elles contiennent les néréides, les méduses, sous le nom de lièvres marins, et sous celui de poumon ma- rin, hepar marinum, le rémora, qui est sans doute une aplysie; le priape de mer, qui paroit être une holothurie, et enfin les cymothoas, sous la dénomination à'asilus ou à'œslrus marinus, des larves de friganes, les arénicoles, sous le nom de lombric marin, et jusqu'à un poisson, l'hippocampe.

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Rondelet, peu de temps après, en adoptant les mêmes divisions, fît à peu prés la même confusion; mais il com- mença à faire connoître quelques espèces nouvelles, comme différentes étoiles de mer, des genres Ophiure et Euryale j en outre, des animaux de genres tout-à-fait nouveaux, comme des Pennatules, des Eschares , des Alcyoniens sous le nom de malum insanum marinum. 11 appliqua, d'une manière défi- nitive, la dénomination d'holothurie aux animaux que nous connoissons aujourd'hui sous ce nom. Cependant il en plaça encore une espèce parmi les orties de mer, et il y rapporta, au contraire, une espèce de firole. Il en distingua nettement les téthyes, qui sont nos ascidies d'aujourd'hui; il appliqua, d'une manière définitive, le nom d'orties de mer libres aux méduses, et celui d'orties de mer fixées aux actinies, en ap- puyant cette distinction de figures' rcconnoissables.

Ces différentes améliorations furent consignées dans le grand Dictionnaire de Conrad Gesner, publié pour la pre- mière fois en 1604. En effet, il y donna une table synop- tique des espèces d'orties de mer partagées comme l'avoit fait Rondelet. Les oursins et les étoiles de mer sont réunis parmi les testacés ; mais les eschares, les pennatules, consti- tuent les zoophytes marins.

Je trouve aussi dans cet auteur le lobulaire , indiqué et figuré sous le nom de main-de-mer, manus marina.

Dans un autre ouv^rage du même auteur [de Jig. lapidum , pag. 36 ) , on voit paroitre pour la première fois une espèce de gorgone (G. verrtic'csa), dans la description de laquelle il est question de pores ou de cellules comme contenant un ver à beaucoup de pieds [vermis multipes).

Je noterai aussi que cet auteur avoit parfaitement senti que dans cette dernière division des animaux il y avoit un ordre de perfectionnement d'organisation depuis les éponges, qui sont les plus voisines des plantes, par les poumons de mer (alcyon), les holothuries, les téthyes, et d'autres zoophytes plus parfaits, jusqu'aux conques que précèdent les coquillages iinivalves.

Aldrovande nous montre peut-être encore mieux que Ges- ner l'état de la zoophytologie , parce que sa compilation est méthodique. On y voit ces êtres former la dernière di«

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vision, de tout le règne animal, et se composer des actinies, sous le nom d'orties de mer fixées; des méduses , sous celui d'orlies de mer libres; des alcyons, Sous la dénominalion cio poumons marins et de maliim granaLurn ; des holothniies, en y confondant une firole; des ascirlies, qu'il nomme télhyes, en y confondant cependant les véritables téthyes de M. de La- niarck; des pennatiiles (penncr- niarmœ) ; des lobulaires, sous le nom de manus marina, et probablement des espèces encroû- tantes.

Les oursins sont définitivement parmi les testâtes; mais, par une singularité assez remarquable, les astéries sont pla- cées à la fin de la division des insectes.

Il n'y a pas de division pour les purgamenta maris.

Ici se termine la première partie de l'histoire de la zoo- phytologie, l'on voit la dénomination dezoophyte adoptée généralement avec l'idée que les êtres qu'on rangeoit dans cette division, étoient intermédiaires aux animaux et aux végé- taux, mais elle ne renferme encore que le plus petit nombre des êtres que les zoologistes y ont rapportés par la suite.

"Vers le milieu du siècle l'ouvrage d'Aldrovande avoit fait connoitre l'état de l'histoire naturelle en général, parut un des ouvrages les plus intéressans pour l'histoire naturelle des zoophyte" ; ouvrage qui commence la longue série de ceux que nous devons sur le même sujet aux naturalistes italiens. Je veux parler de l'Histoire naturelle de Ferrante Imperato, de Naples. Outre un grand nombre d'observations nouvelles sur des animaux vivans qui ont été rangés depuis, quoique à tort, parmi les zoophytes, comme les vélelles , on y trouve sur les coraux, les madrépores, les tubipores, etc., les bases de l'opinion généralement adoptée depuis sur la nature véritablement animale de tous ces corps organisés; mais avant que la vérité de cette opinion fut reconnue, il falloit qu'ils eussent été successivement placés dans les deux autres règnes.

Les anciens, qui avoient une connoissance très-incomplète des coraux , le génie d'Aristote ne leur ayant rien laissé à ce sujet, s'étoient déterminés, d'après la considération seule de la forme extérieure, à en faire des végétaux, d'où les noms de Ijihophjton ou de lithodendron , sous lesquels ils furent cou-

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nus pendant long-temps, d'après Dioscorlde. Avant lui on les trouve désignés par les dénominations de coralium , de cura- lium, et enfin, de coralUum, dont l'étymologie est inconnue, dans Théophraste, Pline et Ovide.

A la renaissance des lettres les commentateurs nombreux de Dioscoride n'allèrent guères plus loin que lui. C'est donc, à ce qu'il paroît, Imperato qui, le premier, entrevit le pas- sage graduel des coraux aux tubulaires , aux madrépores, et qui reconnut, comme sur ces derniers, le caractère animal se prononcer de plus en plus, au point qu'il les compare aux vélellps. C'est aussi dans cet auteur original que l'on trouve pour la première fois les termes de pore, madrépore, millé- pore , rétépore, tubipore, ainsi que ceux de fungite , d'as- tréolites, de porpites, etc., qui depuis ont été affectés à des formes déterminées , ce que nous avons nommé des genres. On y trouve aussi les dénominations d'alcyon déjà employée par Dioscoride , de coralline , de sertulaire et plusieurs autres, qui ont été adoptées comme désignant des genres par les zoologistes modernes.

Ces germes, semés par Imperato, furent cependant long- temps enfouis , au point que , dans tout le cours du 17.* siècle , les corps organisés, dont il avoit signalé l'existence par de bonnes figures et par des dénominations particulières, furent regardés comme appartenant au règne minéral, ce qu'il fai- soit lui-même, par exemple par Boccone. Guisoni, et la plu- part des premiers oryctographes, ou au règne végétal , comme on le voit dans les ouvrages de Césalpin, de Bauhin , de Lo- bel , de Tournefort , de Rai, de Morison , de Geoffroy , etc. Malgré cela, ces différens auteurs, tout en se trompant sur la nature des coraux , qu'ils parfageoient en lithophytes et en kcratophytes , suivant que leur partie solide, la seule qu'on connût, étoit calcaire ou cornée, n'en augmentèrent pas moins le nombre des espèces et les partagèrent en genres, qu'ils s'efforcèrent de caractériser d'une manière plus nette. C'est ainsi que les corallines et les sertulaires, qu'ils plaçoient parmi les mousses, les eschares, les alcyons et même les pen- jiatules, dont ils faisoient des fucus, furent successivement et assez clairement établis en genres distincts.

Dès cette époque on remarque cependant déjà plusieur*

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auteurs qui, comme Boccone et Lluid , soupçonnèrent la nature animale de quelques-unes de ces productions. Ainsi le premier, quoiqu'il eût voulu que le corail fût une pierre, et non pas une plante, avoit reconnu , à tort peut-être, que Valcyonium asbestinum étoit une ruche d'animaux, et le der- nier {Acf a anglica, vol. 28, p. 276) avoit pensé que la tu- hulaire indivise devoit être regardée comme un zoophyte. , Ces différens faits coïncidant avec l'époque à laquelle la clas- sification des plantes commençoit à prendre ses bases sur la considération des fleurs, il étoit tout naturel que Marsigli, probablement éveillé à ce sujet par l'opinion des apothicaires de Marseille, qui, comme nous l'apprend Boccone, admet- toient des fleurs pour le corail, décrivit comme telles, dans son Essai sur la mer, les polypes qu'il avoit observés dans l'alcyon palmé, dans le véritable corail et dans les antipathes. Ainsi l'opinion des botanistes qui réclamoient tous les cor;iux , tous les polypiers , comme appartenant au régne végétal , parut confirmée, et la véritable nature de ces êtres fut encore inconnue pendant quelque temps, quoique des chimistes eus- sent fait l'observation que les principes qui entroient dans leur composition étoient beaucoup plus animaux que végé- taux, et que Marsigli lui-même eût fait l'observation que les fleurs du corail disparoissoient , quand on le mettoit dans l'eau douce ou quand on le retiroit tout-à-fait de l'eau; aussi le moment étoit arrivé ils alloient passer définitivement dans le régne auquel ils appartiennent, quoique en 1700 même Tournefort ait encore publié un mémoire pour dis- tinguer les plantes marines des plantes maritimes, et dans lequel il se sert de la manière dont il suppose que croissent les madrépores, pour établir son opinion sur la germination et la végétation des pierres. Du reste il décrit et figure même assez bien dans ce mémoire la fongie bonnet de M. de La- marck et deux espèces de gorgones sous le nom de lithophyton. Réaumur lui-même publia encore en 171^7 un mémoire pour expliquer comment des corps pierreux peuvent végéter , en supposant que, dans le corail, par exemple , il n'y avoit que l'écorce seule qui végéioit et qui formoit une tige en dépo- sant les grains rouges dont elle étoit remplie.

RuDiph, qui avoit eu l'occasion d'examiner un grand nom-

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bre de coraux vivans dans l'archipel Indien , ils sont ré- pandus avec profusion , ayant établi une division particu- lière pour les zoophytes, fut peut-être le j^remier qui démon- tra la nature animale de beaucoup d'espèces de ces préten- dues plantes; mais ce ne fut réellement qu'en 1727 que Réaumur lit connoitre à l'Académie des sciences la décou- verte célèbre faite par Peyssonell dans la Méditerriinée , soit à Marseille , soit sur les côtes de Barbarie , de l'animalité des lithophytes, en assurant que ce que Marsigli avoit décrit et figuré comme les fleurs du corail, étoient de véritables ani- maux agrégés, fout-à-fait analogues aux actinies, et nulle- ment à ce qu'il avoit décrit lui-même comme les fleurs des plantes marines dans les Mémoires de l'Académie, en 1711 et 1712 : par conséquent, qu'il falloit regarder les madré- pores, les millépores, et en général tous les lithophytes, comme des têts agrégés, comme les habitations de ces ani- maux.

Cette découverte importante, à laquelle avoit été conduit certainement Peyssonell par les observations de Marsigli, ne fut cependant pas immédiatement adoptée, et Réaumur lui-même, dans le mémoire il l'a rapportée, chercha à en contester l'évidence, et craignit même d'en nommer l'auteur; mais il fut obligé de l'admettre, lorsque Trembley , dans une lettre qu'il lui adressa au mois de Décembre 1740, eut fait connoitre toutes les singularités de l'histoire naturelle d'un petit animal connu dans ks eaux douces de l'Europe, et qui, déjà signalé par un auteur anoriyme dans les Mémoires de la Société royale de Londres, avoit été oublié pendant plus de dix ans. On vit en efTet dans le polype d"eau douce, nommé hydre par Linné, le type nu des animaux des coraux.

En vain Shavv , dans son Voyage en Barbarie, proposa-t-il de regarder comme de simples radicules nourricières les fila- mens onduleux qu'il avoit vus sortir des impressions stelli- formes du madrepora ramea et de quelques autres madrépores agrégés vivans, la découverte de Peyssonell prit toute la con- sistance qu'elle méritoit, surtout lorsque Bernard de Jussieu et Guettard , de l'Académie des sciences, eurent exécuté un voyage sur les bords de la mer : l'un dans la Manche, Taulre dans l'Océan , dans le but spécial de la vérifier et de l'étendre ,

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en l'appliquant à un plus grand nombre d'êtres, ce qu'ils firent pour les tubulaires, les flustres, les lobulaires. C'est, à ce qu'il me semble, dans le mémoire de BL-rnard de Jus- sieu que se trouve pour la première fois employé le nom de polype, pour désigner les petits animaux qui, habitant de prétendues plantes marines , sont pourvus à la tête ou sur le corps de cornes (tentacules), qui leur servent de mains ou de pieds, pour prendre leur nourriture ou pour marcher.

Réaumur, dés-lors convaincu, dans la préAice du sixième volume de ses Mémoires sur les insectes, publiés en 1742, adopta pleinement la manière de voir de Peyssoncll, con- lirraée par Jussieu et Guetlard. Il créa le nom de polypier, adopté généralement depuis, sans trop de critique, pour dé- signer la partie solide de quelque nature qu'elle soit, sur la- quelle vivent ces petits animaux qu'il désigna, avec B. de Jussieu, sous la dénomination générale de polypes, qu'il avoit donnée à ceux découverts par Trembiey, parce que , dit-il, leurs cornes (tentacules) lui parurent analogues aux bras de l'ani- mal de mer que les anciens nommoient po.^jpos. Ainsi rentra définitivement dans le règne animal une classe toute entière et extrêmement nombreuse d'êtres que, par leur mode de réunion intime, on avoit considérés long-temps comme des végétaux, et qui, regardés à part, furent reconnus comme des animaux voisins des actinies et par conséquent devant entrer dans la grande division des zoophytes.

Cependant, malgré la confirmation donnée à la manière de voir de Peyssonell par Lœfling, sur les scrtulaires et les tschares, dans une communication à la Société royale de vSuède, et par Trembiey lui-même, d'après le témoignage de VVat- son , sur le sertularia cupressina, Linné, qui, dans les pre- mières éditions du Sjstema naturcr , avoit imité Rai, en pla- çant les lilhophytes dans le règne végétal, conserva encore quelques doutes. En effet, en 1746, dans l'introduction à sa Dissertation sur les coraux de la Baltique, il dit, après avoir énuméré les raisons qu'ont opposées successivement les au- teurs qui ont soutenu que c'étoient des minéraux, des végé- taux ou des animaux, qu'il est obligé d'avouer que l'opinion a préférer aux autres ne lui paroit pas encore facile à choi-

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sir'. Toutefois il paroît que peu de temps après il fut con- vaincu, puisque dans la sixième édition de son immortel ou- vrage, Linné comprit les coraux dans le règne animal sous le nom de Vernies lithophjyta , en admettant les genres Tubi- pora , Madrepora, Millepora et Sertidaria, qui correspondent au genre CoraUina de Rai. Mais en même temps que Ijnué fai- soit cette heureuse innovation , il rompoit évidemment les rapports naturels de ces êtres, en les séparant par son ordre des Verrues teslacea de celui qu'il désignoit par la dénomina- tion de Verrues zoophjta; ordre qui , avec les genres Ecliinus , Asterias , Médusa, Salacia et Hjdra , convenablement réunis, renferme les genres Amphitrite, Nereis , Aphrodita , qui sont des entomozoaires chétopodes , ainsi que les genres Sepia, Li- max et Lerncea [Aplysia), qui sont des malacozoaires.

Ainsi, à cette seconde époque de la zoophytologie , tous les animaux zoophytes sur la nature desquels on avoit eu des doutes prolongés, étoient définitivement rangés dans le règne animal par les auteurs systématiques; mais ils étoient encore bien loin d'être groupés , d'être réunis d'une manière con- venable, comme nous allons le voir dans la troisième épo- que, par suite de travaux particuliers sur quelques-uns de ces animaux.

Un des premiers ouvrages qui ont servir au perfection- nement de la zoophytologie, est sans aucun doute celui que Vitali Donati publia sur la mer Adriatique , et dans lequel il a décrit les animaux d'un assez grand nombre de polypiers qu'avoit déjà figurés Imperafo.

C'est aussi à la même époque que les polypiers plus ou moins flexibles , connus sous les noms de sertulaires , de cellu- laires, d'eschares , de tubulaires, d'alcyons, purent être encore beaucoup mieux distribués, par suite du travail extrêmement remarquable d'Eilis, sur les corallines; travail qui a servi de base à tout ce qu'on a fait de bon sur ces genres d'animaux. Cet auteur ne fut cependant pas très -heureux dans la distri-

1 Illis aulem singulis (jiium gravissimœ sint causœ , cur potius aut iapideoj aut vegetabili , aut animali regno adjudicare velint corallia , nobis ingénue fateii licehit , nondum facile patere , quanam sententia re- liijuis sit anteponenda.

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bution méthodique des nombreuses espèces qu'il a exami- nées. Il les réunit presque toutes sous la dénomination com- mune de corallines, comme l'avoit fait^ai, en les regardant comme des plantes.

Malgré les nouvelles recherches d'Ellis, qui sembloient de- voir confirmer la découverte de Peyssonell d'une manière irrécusable, quelques auteurs, et entre autres Hill , Tar- gioni , et surtout Baster, voulurent encore lui opposer des objections; mais elles furent solidement réfutées par Ellis lui-même dans un mémoire inséré dans le 5o.^ volume des Transactions philosophiques, en sorte que Baster, dans l'un des meilleurs mémoires de ses Opuscula suhsceciva, l'adopta complètement.

Tandis qu'ainsi la division des zoophytes augmentoit en nombre et en consistance par le rapprochement d'êtres nou- vellement découverts ou qui en avoient été depuis long- temps éloignés, les groupes qui y étoient anciennement admis, comme les holothuries, les oursins, les astéries, les méduses, les actinies, les pennatules, les alcyons, les éponges même, éprouvoient une plus grande extension et étoient beaucoup mieux connus par des travaux parliculiers des zoologistes et des voyageurs.

Ainsi Link publia, en lyôô, une monographie des étoiles de mer, qui est encore aujourd'hui la base de tout ce qu'on a fait sur la distribution systématique des espèces de cette famille fort remarquable ; ouvrage auquel a été ajouté ce que Réaumur avoit dit sur le mode de locomotion de ces ani- maux, et Kade sur leur organisation.

Blanchi [Plancus), dans les mélanges qui constituent sou ouvrage, fournit des élémens souvent intéressans à la distri- bution naturelle des zoophytes; ainsi c'est lui qui le premier, à ce qu'il me semble, sentit les rapports qu'il y a entre les holothuries et les oursins, en nommant celles-là des oursins coriaces.

Klein, dans sa monographie des véritables échinides , pré- paroit la classification plus complète qui a été donnée de ces animaux par Van Phelsum, Leske, etc.

Borlase, dans son Histoire naturelle de Cornouailles, ajou- toit à la connoissance réelle de plusieurs animaux de ce type.

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Sloane et surtout Browne , Ton dans son Histoire naturelle des Barbades, l'autre dans celle de la Jamaïque , commencè- rent à donner des détails sur les méduses et sur quelques ani- maux qu'on en a rapprochés à tort, comme les physales, etc.

Lœfling, dans son Voyage en Espagne, faisoit aussi connoî- tre quelques méduses.

Enfin , vers la même époque, les observations de Trembiey sur des animaux d'une assez petite dimension, conduisirent à l'étude d'animaux encore beaucoup plus petits, auxquels ou donne le nom d'animaux microscopiques, parce qu'on ne peut guère les apercevoir qu'au moyen du microscope. Leu\ven- hoeck et Harlsoëker avoient commencé; mais les observations de Hiil. deLedermuller, dcBacker, deRoesel. de Schaefferen augmentèrent considérablement le nombre. La difficulté de l'observation , le peu de principes qui guidoient la plupart des observateurs, furent sans doute la cause que ces animaux fu- rent assez mal connus, pour que les auteurs systématiques se crussent en droit de les agglomérer tous en un seul groupe, et même de les réunir aux zoophytes, ce qui a été imité par tous les zoologistes subséquens, comme si le degré de grandeur étoit nécessairement en rapport avec le degré d'organisation.

Le premier auteur systématique dans lequel on trouve rangé les animaux microscopiques, me paroît être HilI; mais comme cet auteur n'a pas admis le système de subdivision dont les germes sont dans Aristote, et qu'il n'a pas de classe sous la dénomination de zoophytes, il est assez difficile d'en donner ici l'analyse. Qu'il nous suffise de dire que. selon cet auteur, les animaux que les zoologistes les plus récens réunis- sent sous ce nom, sont répartis dans des sections extrême- ment éloignées ; ainsi les animaux infusoires , sous le nom d'animalcules, sont tout au commencement du règne animal, parce qu'il suit l'ordre d'accroissement; les Méduses, les Ac- tinies, les Hydres, sous le nom générique de Biota, et les As- téries, sont pêle-mêle sous la dénomination d^Insecta gjmno- thria, dans la même section que les malacozoaires nus, et que les chétopodes, entre les insectes proprement dits et les amphi- bies, animaux vertébrés; tandis que les oursins, sous la dénomi- nation classique de centroniœ , sont immédiatement après les poissonS; au-dessus des coquillages : d'oîi l'on voit que le seul per-

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fectîonnement de l'ouvrage de Hill se borne à rintroduction dans le système des animaux microscopiques, qu'il partage du reste d'une manière assez convenable en trois classes, suivant qu'ils sont nus (gymnia) , qu'ils ont une queue Icercaria), ou qu'ils ont des membres visibles (arthronia) , et parmi lesquels il a formé les genres Enchelides , Oyclidium, Paramœcia , Cras- pidaria (Urceolaria) , Brachiirus , Macrocercus ( Vorticella et Zoosperma) , Scelarium et Brachioides.

Linné, dans les éditions du Systema naturœ qui précédèrent le traité spécial de Pallas sur les zoophytes, ne changea que fort peu de chose aux six premières éditions , du moins sous le rapport des animaux que l'on réunit aujourd'hui sous le nom de zoophytes ; ils furent toujours divisés dans sa classe des vers.

L'ouvrage spécial de Pallas sur les zoophytes que nous venons de citer, doit être considéré comme le terme de la troisième époque de la zoophytologie , et en effet c'est encore en ce mo- ment l'un des plus classiques et des mieux faits qui aient été publiés en zoologie. Il n'y traite cependant pas, il s'en faut de beaucoup, de tous les animaux que l'on connoît aujour- d'hui sous le nom de zoophytes, ia définition qu'il en donne, ne leur convenant nullement'. 11 se borne à y ranger les genres Hydra, Eschara, Cellularia, Tubularia , Sertularia, Gorgonia, Antipathes , Isis , Mitlepora, Madrepora , Tubipora , Alcjonium, Pennatula, Spongia, caractérisés d'une manière parfaite, et sous le titre de Gênera amhigua, les genres Ta~ nia, Volvox et Corallina. Ainsi, dans les zoophytes de Pallas il n'y a presque aucun des animaux que les anciens regardoient comme intermédiaires aux végétaux et aux animaux ; mais bien tous ceux qu'ils ne connoissoient pas, ou qu'ils pensoient appartenir au règne minéral, c'est-à-dire leurs Corallia.

Du reste, ces genres sont parfaitement groupés, si ce n'est cependant le genre Brachionus , qu'on est étonné de trouver entre les tubulaires et les sertulaires ; mais, sauf cette légère erreur, les considérations générales que Pallas a placées dans son introduction, celles qui ont rapport à chaque genre, la ma-

i yinimalia vere vegetantia , in plantœ fonnam excrescentia , planta- ruiTKjue alias quoque proprietates affectantia, esse plantas tjuasi animatas.

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nière dont les espèces sont décrites, sont tout -fait dignes de la célébrité du zoologiste allemand. Malheureusement les genres semblent être presque placés au hasard , ce qui n'a pas lieu pour les espèces, et surtout pour celles qui compo- sent son grand genre Madrépore, qu'il partage en : i) Sim- plices , 2) Concatenatce et Conglomeratx , 5) Aggregatœ , 4) Dichotomœ , 5) Végétantes, 6) Anomalœ (intermédiaires aux deux précédentes), divisions qui pour la plupart sont deve- nues des genres pour les zoologistes modernes.

Il faut aussi remarquer que Pallas a laissé les coralHnes proprement dites parmi les végétaux.

Le système zoophytologique de Pallas fut exposé d'une ma- nière assez convenable et accompagné de figures, dans un mémoire de J. E. Roques de Maumont sur les polypiers de mer; on y trouve cependant peu de choses nouvelles, si ce n'est que les genres de Pallas sont distribués d'une manière assez convenable en trois ordres.

Dans le premier , dont les polypiers sont mous et flexibles , sont les coraliines envisagées à la manière d'Ellis, les eschares molles , nommées flustres aujourd'hui ; les éponges , les alcyons et les kératophytes ou gorgones.

Dans le second, 011 la substance du polypier est plus dure et plus roide, se trouvent seulement les faux coraux ou le genre Isis, tel qu'il est maintenant défini.

Enfin, dans le troisième, le polypier est d'une nature pierreuse, sont les coraux proprement dits, dont l'auteur fait un genre distinct, les madrépores, les astroïdes (as- trées), les tubipores, les millépores, les rétépores , les fron- dipores ou eschares pierreuses, les méandrites et les fon- gipores.

Ainsi Roques de Maumont a commencé à désigner, sous des nomsgénériques particuliers, une partie des divisions de Pallas. Dans l'intervalle qui sépare l'apparition de VElenchus zoo- phjtorum de ce dernier et la dernière édition du Sjstema na- tures de Linné, ainsi que le tableau des vers de l'Encyclo- pédie méthodique par Bruguière, ouvrages qui closent à peu près la période de la distribution artificielle des animaux, l'étude des différentes classes qui constituent le type des zoophytes , s'étendit d'une manière remarquable, et au fur

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tel mesure les perfectionnemens qui en résultèrent, furent mis en œuvre par quelques auteurs systématiques.

Un seul peut-être, Maratti, essaya encore en 1776, de sou^ tenir après discussion dans la préface de son Catalogue des zoophytes et des lithophytes de la Méditerranée, que ce sont de véritables plantes , dans lesquelles des animaux d e genres dif- férens déposent leurs œufs , comme certains insectes le font dans la peau de plusieurs mammifères ou dans le parenchyme des fruits et des plantes; mais cette hypothèse ne dut certai- nement pas ébranler la conviction devenue générale sur l'ani- malité des corauxk

Parmi les travaux particuliers qui durent contribuer au perfectionnement de la classification des zoophytes, je dois d'abord faire observer que Pallas lui-même, dans plusieurs mémoires particuliers insérés dans ses Miscellanea et ses Spi-^ cilegia, éclaira plusieurs points de l'organisation et de la clas- sification de quelques animaux de ce type. Ainsi, dans un mé- moire sur l'animal qu'il nomme actinia doliolum, et qui est une véritable holothurie pour les zoologistes modernes, il établit la division des espèces de ce genre en deux sections : les actinies fixées qui n'ont pas d'anus, ou les véritables actinies actuelles, et les actinies vagantes ou libres (holothuries), qui ont un anus et àes cirrhes tentaculaires analogues à ce qui existe dans les oursins et les astéries j avec lesquels il trouve qu'elles ont de grands rapports. A ce sujet il rappelle même que, d'après sa manière de voir pour l'établissement des ordres naturels parmi les mollusques, on devra y former, sous le nom de centroniœ , un ordre distinct et bien naturel avec les actinies, y compris par conséquent les holothuries, Us oursins, les astéries et les encrines, dont les entroques, lesastrées, les caryophyllies, lui paroissent être des articulations.

Dans un autre mémoire sur les pennatules il reconnoît parfaitement l'analogie de ce genre avec les alcyons, dont on fait aujourd'hui le genre Lobulaire, ce qui au reste avoit été établi , quelques années auparavant , par Bohadsch , dans un des mémoires qui constituent son livre déjà très-remarquable^'"' pour le temps, mais encore fort